Le 7 février 2011 par P.B
11 heures marché des Couronneries, Poitiers
Une loi de la honte Le projet de loi Besson est en discussion au Sénat. Si ce texte est adopté, il va restreindre considérablement le droit des personnes étrangères : augmentation de la durée de rétention de 32 jours à 45 jours, y compris pour les enfants ; modification de la procédure devant le juge avec intervention du juge administratif avant le juge des libertés délai de maintien en garde en vue pouvant aller jusqu’à 5 jours (plus que pour les assassins) suppression de l’aide médicale d’État ( et donc instauration d’un barrage dans l’accès aux soins) extension de la déchéance de nationalité aux personnes naturalisées depuis moins de 10 ans (pour meurtre ou violences) peine de bannissement de 2 à 5 ans sans contrôle du juge ; maintien du délit de solidarité pour tous ceux qui aident les personnes étrangères...
Ce projet affiche clairement un projet de société construit sur la peur et le rejet de l’autre, stigmatisant les étrangers et les français d’origine étrangère.
Une politique de la honte Notre pays est confronté depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la pire des politiques contre les étrangers que nous ayons connue. La traque aux étrangers est devenue une pratique administrative courante, mobilisant effectifs de police et moyens importants, allant jusqu’à l’arrestation des enfants dans les écoles. L’objectif de 28 000 reconduites à la frontière et la politique du chiffre autorisent tous les excès.
La préfecture fabrique des sans papiers, de la misère et de la précarité La carte de 10 ans n’a quasiment plus de réalité. Les autorisations de séjour de 1 an ne sont pas renouvelées, elles sont délivrées pour de courtes périodes (1 à 3 mois) privant les personnes de tout droit : aides sociales, droit au travail. Les personnes qui ne sont pas expulsables (en raison par exemple de la situation dans leur pays), ne sont pas davantage régularisées. Elles restent en France privées de tout droit : droit d’avoir un travail, un logement décent, des allocations...
Sans papiers et sans logis Aujourd’hui à Poitiers comme ailleurs en France, il y a des familles d’étrangers qui ne trouvent pas à se loger. La situation est encore plus difficile pour les sans-papiers ou les étrangers en situation précaire : les titres de courte durée les privent du logement social, des allocations familiales et des aides au logement ; la préfecture fait pression pour limiter leur accueil dans les CHRS (le "115") alors que ces centres sont tenus d’accueillir "toute situation de détresse" (cf article L. 111-2 du code de l’action sociale et des familles) ; les déboutés du droit d’asile sont renvoyés des CADA et se retrouvent à la rue sans qu’une solution alternative leur soit proposée. Il est donc urgent que les autorités préfectorales et municipales s’entendent pour accueillir dignement les familles d’étrangers.
Nous refusons cette France inhospitalière et haineuse !